Le vodou, un art de vivre. Catalogue d'exposition

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Vodou, a way of life

Le vodou, un art de vivre

Sous la direction de Jacques Hainard et Philippe Mathez
Photographies de Johnathan Watts, avec deux entretiens de Marianne Lehmann et de Max Beauvoir et un article par Rachel Beauvoir-Dominique.

Gollion : Infolio éditions / Genève : MEG, 2007, catalogue d'exposition, 176 pages avec 120 ill. couleur.
CHF 25.–
ISBN 978-2-88474-074-6

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Vodou, a way of life

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Mémoire de l'esclavage et moteur de résistance toujours actuel, le vodou est bien plus qu'une vision du monde. Omniprésent en Haïti, il étend son emprise dans tous les domaines de la vie pour donner sens au quotidien. Depuis plus de trente ans, Marianne Lehmann, une Suissesse installée en 1957 à Port-au-Prince, collectionne des objets vodou. Dans la cour de sa maison, dans les chambres et le jardin s'accumulent plus de 3000 pièces d'une culture matérielle peu connue et pourtant étonnamment vivante. Des personnages à taille humaine issus des sociétés secrètes côtoient des représentations d'esprits, des drapeaux de nations vodou, des figures oniriques, d'immenses miroirs, des paquets-congo, des autels sur lesquels se serrent bouteilles vides, tasses à café, pierres archéologiques des cultures taino et arawak... C'est l'immense bric-à-brac du service aux esprits qui nous interpelle, la créativité infinie des artistes haïtiens qui nous laisse sans voix. Sauvés de la dispersion par les soins de la collectionneuse, les objets attendent les conditions de leur présentation au public haïtien sous les auspices de la Fondation pour la préservation, la valorisation et la production des oeuvres culturelles haïtiennes.

Le catalogue présente plus de 300 pièces de la collection Lehmann, montrées en première mondiale au Musée d'ethnographie de Genève à l'occasion de l'exposition « Le vodou, un art de vivre ». Elles sont saisies par l'objectif de Johnathan Watts, lui-même guidé par la trame narrative de l'exposition. Ces photographies jouent sur les variations, détails, matières, accessoires, effets de groupes, inspirant des sentiments complexes et parfois contradictoires.

Deux entretiens, avec la collectionneuse Marianne Lehmann et avec le houngan, prêtre vodou, Max Beauvoir, éclairent le contexte de la collection, tandis qu'un texte de l'anthropologue haïtienne Rachel Beauvoir-Dominique (FPVPOCH) met en évidence ce qui se joue à travers le vodou: la mémoire de la traversée des esclaves vers les Amériques et de leur lutte pour la liberté et l'indépendance, légitime objet de fierté, mais combat toujours inachevé.