La vitrine des nouveaux dons au MEG

17 novembre 2015 - 28 février 2016

 

L'Afrique qui disparaît ! de Casimir Zagourski

Une donation de la SAMEG COLLECTIONS

Album de photographies de Casimir Ostoja Zagourskibr

(1883 – 1944)

MEG inv. ETHAF 065835

Grâce au don généreux de Frédéric Dawance par l’intermédiaire de la SAMEG COLLECTIONS, le MEG a acquis, au début de l’année 2015, un album de photographies en deux volumes intitulé L’Afrique qui disparaît ! Il regroupe 420 cartes postales réalisées à partir des tirages argentiques du photographe d’origine polonaise Casimir Ostoja Zagourski qui parcourut toute l’Afrique Centrale entre 1924 et 1941.

Les photographies de Casimir Zagourski visaient à recenser les paysages et la faune de l’Afrique Centrale ainsi que les coutumes et les visages des populations confrontées, en ces temps coloniaux, aux brusques changements imposés par les Européens. Zagourski commercialisa ses clichés à la pièce ou agencés dans des albums, dont certains exemplaires sont conservés dans les collections publiques et privées à travers le monde.

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Casimir Zagourski dans son studio

Casimir Zagourski dans son studio à Kinshasa.

Photographe inconnu.

1925, tirage argentique.

Famille Zagourski tous droits réservés.

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Studio de Casimir Zagourski

Studio de Casimir Zagourski sur l’Avenue de la Douane (aujourd’hui Avenue de la Nation) à Kinshasa.
Années 1920-1930.
Tirage argentique. Collection Pierre Loos, Bruxelles.
Tous droits réservés.

Dès son installation au Congo Belge en décembre 1924, il s’établit comme photographe à Léopoldville (actuelle Kinshasa, en République Démocratique du Congo). En marge de son travail en studio, il effectua plusieurs expéditions à travers le Congo et les colonies voisines d’Afrique Équatoriale Française. Ses photographies donnent l’impression de refléter la réalité de la région dans une mise en scène documentaire alors même qu’à travers des cadrages particuliers, les jeux de lumière et l’exaltation de la beauté des corps, la recherche plastique de l’artiste est indéniable. Le style de Zagourski oscille donc entre une description précise de la réalité et une vision esthétisante de ce monde condamné à disparaître.

On ne peut mettre en doute le rôle des photographies de Zagourski dans la formation de la pensée coloniale de l’époque : les commandes faites par le gouvernement belge, sa participation aux grandes expositions internationales (Anvers, 1931 ; Paris, 1937) en attestent. Au carrefour de l’étude anthropologique et de la composition poétique, l’album constitue ainsi le parfait exemple de l’africanisme de la première moitié du 20e siècle.

La photographie de Georges Bourdelon

De l'Iran au Cachemire, du Sahara à l’Ethiopie, de Bornéo au Japon

MEG inv. ETHAV 421062

En 2013, la famille Gazaï offre au MEG l’exceptionnelle photothèque de Georges Bourdelon (1924-2000), un cinéaste et photographe globe-trotter aussi talentueux que discret. Sa vocation pourrait être résumée par son humanité et son obsession de l’image, photographiée et filmée autour du monde. Ce don de plus de 40'000 clichés illustre toute la carrière du documentariste qui débute dans les studios de Marcel Pagnol, avant de devenir assistant à la caméra sur les films de Sacha Guitry. Seulement le cinéma ne l’attire pas, et à vingt ans, c’est vers l’aventure et le voyage que son destin le porte.

Dans les dix premières années de sa carrière, Georges Bourdelon met son professionnalisme et sa sensibilité artistique au service de ses compagnons de route, archéologues, ethnologues, journalistes, zoologistes, puis crée avec son épouse, dans les années 1960, sa propre société de production de films « Les Productions du Dragon ».

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Georges Bourdelon et un moine

«Georges Bourdelon et un moine de Daga Stephanos», Ethiopie, Lac Tana, monastère de Daga Stephanos, 1962.

Planche contact ETHIOPIE 19.

MEG inv. ETHAV 421062

Tout débute dans les sables du Sahara, lorsqu’il participe dès 1950 à deux expéditions scientifiques menées par Henri Lhote pour photographier les peintures rupestres du Hoggar puis explorer l’Ennedi. Il tourne alors « Les forgerons du désert », auprès des Touaregs Haddades. Dans la foulée, c’est Louise Weiss, l’Européenne, qui l’entraine dans une grande aventure insensée à la rencontre d’autres peuples à travers leurs religions, leurs éthiques, leurs politiques de développement, que la célèbre journaliste veut immortaliser dans des courts métrages. Avec elle, jusqu’en 1962, Il filme, photographie et enregistre des sons en Syrie, au Liban, au Cachemire, en Inde, en Ethiopie, à Zanzibar, aux Comores, au Kenya, etc. En tout, vingt-quatre courts métrages et des milliers de photographies.

Entre deux voyages avec Louise Weiss, Georges Bourdelon accompagne l’ethnologue Noël Ballif en Iran (1955) puis le zoologiste du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, Pierre Pfeffer, en Indonésie et en Malaisie (1957). Les photographies et les films de cette mission exceptionnelle, baptisée « Apokayan », témoignent de la vie quotidienne des Dayak et des Punan de Bornéo.