Un musée durable et responsable

«Goo dip dm wilaagwa ha’lidzog̱, ‘nii dm di la waal das lip ‘nüüm.»
«Ce que nous faisons au monde, nous le faisons à nous-mêmes.»
Huk Tgini'itsga Xsgyiik - Gavin Hudson
Peuple Ts’msyen, Alaska

Un engagement fort dans la voie de la durabilité

La vision du MEG se décline selon une stratégie clairement définie (voir son Plan stratégique 2020-2024) dans laquelle est formalisée une conscience environnementale et sociétale. Le MEG ayant pour objectif de devenir un musée de référence en matière de développement durable.

Un musée durable et responsable, c’est quoi ?

Le développement durable représente «un mode de développement qui répond aux besoins des générations présentes, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs» (Rapport Brundtland, 1987).

Par la mise en œuvre de la gestion du développement durable, les musées assument leur responsabilité en tant qu’acteurs clés pour repenser l’avenir de notre planète et de la société en général.

Dans sa volonté d’intégrer concrètement le concept de durabilité au sein du Musée, le MEG s’engage à :

  • Réduire son empreinte carbone pour diminuer la pression exercée par les êtres humains sur les écosystèmes planétaires ;

  • Agir au jour le jour par la mise en place de mesures significatives, qualitatives et quantitatives ;

  • Sensibiliser, informer et engager le débat avec ses publics grâce à des expositions et une programmation culturelle, artistique et scientifique en résonance avec les enjeux cruciaux de notre époque.

Les engagements du MEG en matière de RSO

En tant que Musée engagé dans le domaine de la durabilité, le MEG s’est emparé de la notion de Responsabilité Sociétale des Organisations (RSO).

Pour le MEG, les principes de cette démarche se résument par l’intégration de la durabilité (à court, moyen et long terme) dans ses objectifs stratégiques tout en prenant en compte les effets et impacts que l’institution exerce sur la société et l’environnement de manière globale.

En tant que Musée municipal, le MEG se situe dans un contexte politique très engagé pour l’intégration de la durabilité. Le Musée a ainsi élaboré sa stratégie en cohérence avec la Politique climatique de la Ville de Genève et la Feuille de route du Département de la culture et de la transition numérique.

S’inscrivant dans une dynamique nationale et internationale, le MEG s’intègre également dans le Plan climat cantonal de l’État de Genève, la Stratégie pour le développement durable 2030 du Conseil fédéral ainsi que les Objectifs du développement durable de l’ONU, clef de voûte universelle de l’Agenda 2030.

Un label pour certifier l’engagement social et environnemental du MEG

Depuis de nombreuses années, le MEG s'engage activement dans la durabilité, tant dans son fonctionnement que dans ses activités destinées au public.

Afin d’affirmer son engagement social et environnemental, le MEG a entrepris en 2021 un processus d’évaluation RSO reconnu en Suisse et à l’international selon la démarche et le label THQSE (Très Haute Qualité Sociétale-Sociale-Sanitaire et Environnementale). Cette démarche consiste à évaluer le travail déjà effectué, à estimer les impacts environnementaux et globaux de l’institution pour les réduire de manière pérenne, ainsi qu’à trouver des solutions concrètes pour une amélioration continue de son empreinte carbone.

L’objectif est de faire réaliser en 2022 par un organisme agréé, indépendant et international, un état des lieux en matière de durabilité et d’écoresponsabilité afin de faire certifier les actions menées au sein du MEG depuis plusieurs années en vue d'une écolabellisation.

La RSO au cœur des actions du MEG

Le MEG met en œuvre sa stratégie RSO (Responsabilité Sociétale des Organisations) en s’appuyant sur un plan d’action construit autour des quatre piliers qui sont ceux de l’environnemental, du social, de l’économie et du sociétal.

La démarche RSO du MEG consiste également à tendre vers des actions structurées et harmonisées.

PILIER 1
L’engagement environnemental du MEG

Les objectifs

Le MEG s’est fixé comme objectif de devenir un Musée de référence en matière de développement durable. Dans cette optique, il s’empare pro-activement du champ environnemental et se saisit des enjeux écologiques majeurs qui touchent aussi bien au bâtiment qu’à la qualité de l’air, de l’eau, aux consommations énergétiques, au tri des déchets et à la revalorisation des matières résiduelles. La protection de la biodiversité clôt ce champ, ouvrant des perspectives inspirantes en matière de médiation culturelle et pédagogique.

Le Musée pilote sa transition écologique avec plusieurs projets d’envergure comme l’instauration d’une culture de travail écoresponsable, ou la rédaction d’une charte écologique forte et contraignante pour les scénographies d’exposition.

La sensibilisation du personnel et du public aux écogestes ainsi qu’aux problématiques climatiques est traitée de manière transversale et active avec notamment des rendez-vous publics pour réfléchir et agir ensemble, qui proposent des solutions concrètes.

Le domaine des transports amène à réfléchir de manière globale à la question de la mobilité. Elle concerne aussi bien l’encouragement du personnel à la mobilité douce que la question de la mutualisation du transport des œuvres ou une stratégie de programmation artistique responsable.

Actions réalisées

Toutes les scénographies d’expositions sont pensées et construites de manière écoresponsable : utilisation de matériaux locaux, réutilisation ou revalorisation des matériaux ou d’éléments d’exposition après usage, etc.

Tous les documents publiés par le Musée (à l’exception des affiches) sont imprimés selon des principes écologiques (presse d’impression durable, technologie à froid, pas d’émission d’ozone ; label Ange bleu ; papier FSC 100% recyclé ; encres à base d’huile minérale et de pigments naturels ; cartouches d’encre en carton 100% recyclable).

Des actions de réduction des émissions carbone liées au transport des œuvres sont menées telles que l’organisation de transports groupés et mutualisés, la réutilisation des caisses d’œuvres, l’utilisation et/ou la réutilisation de matériaux de protection et/ou de calage des œuvres éco-conçus.

PILIER 2
L’engagement social du MEG

Les objectifs

Le MEG est attentif aux aspects sociaux et s’engage activement pour ses collaborateurs et collaboratrices ainsi que pour ses usager-e-s.

Concernant ses collaborateurs et collaboratrices, le MEG porte une attention particulière aux risques psycho-sociaux (RPS), à la Qualité de Vie au Travail (QVT), à la Santé Sécurité au Travail (SST), à l’ensemble des questions liées aux Ressources Humaines, à la discrimination à l’embauche ainsi qu’à la lutte contre les inégalités.

Les usager-e-s représentent les visiteurs et visiteuses, artistes, intervenant-e-s, partenaires culturels, éducationnels, associatifs et politiques, chercheurs et chercheuses, réseaux professionnels ainsi que porteurs et porteuses de culture. Le MEG adopte une démarche inclusive, participative, qui se fonde sur les droits humains et permet de favoriser l'émancipation personnelle. Le Musée est également particulièrement attentif à prendre en compte les attentes du public et des parties prenantes pour co-construire une offre culturelle en adéquation avec leurs besoins.

Actions réalisées

Le service des Ressources Humaines a mis en place une période formalisée de tutorat ainsi qu’une sensibilisation à la protection des biens culturels pour les nouveaux et nouvelles employé-e-s (fixes, auxiliaires, stagiaires, civilistes).

Le Musée développe des actions qui visent l'inclusion de la population sous-représentée dans son public, notamment en raison de leurs caractéristiques sociales, culturelles, religieuses ou économiques.

En collaboration avec l'association HAU (Handicap-Architecture-Urbanisme), un état des lieux de toutes les possibilités d'amélioration des activités culturelles du Musée pour le public en situation de handicap a été dressé et est en cours de réalisation.

Un comité consultatif externe au Musée pour les activités de médiation et composé de personnes issues de groupes minoritaires est en cours de constitution.

PILIER 3
Les engagements économiques du MEG

Les objectifs

En tant qu’institution publique, le MEG se doit d’être attentif aux aspects économiques de sa structure, tels que la gouvernance de l’institution, la gestion du budget, les achats responsables et la qualité des prestations.

La gouvernance du MEG est constituée par un Conseil de direction qui prend des décisions concertées et collégiales. Il incombe à cet organe d’élaborer les dispositifs et méthodologies qui permettent de mettre en œuvre les objectifs issus du Plan stratégique. La gouvernance du MEG met en place une collaboration entre les différents secteurs de l’institution et favorise une culture de travail collaborative dans un climat sain et serein.

Le budget du MEG, issu de fonds publics, impose de réfléchir à des dépenses responsables. Le Musée favorise ainsi la règle des 5 R (réutiliser, réparer, recycler, réduire, renoncer) et ce, dans tous ses domaines d’activité.

Au MEG, la question des achats responsables est en lien direct avec la politique d’achat de la Ville de Genève. La plupart de ceux-ci sont centralisés et effectués par le biais de la Centrale municipale d’achat et d’impression (CMAI) dans le cadre de marchés publics.

La question de la qualité prend en compte l’économie sociale et solidaire ainsi que l’attention portée aux droits humains par les principaux fournisseurs et prestataires externes du MEG. Avant tout achat de produits de consommation (matériel de bureau, produits d’entretien, matériaux de construction, etc.), l’institution analyse leurs modes de production et leur utilisation interne en s’appuyant sur des labels écoresponsables.

Actions réalisées

Le Musée a entrepris de formaliser et structurer sa démarche RSO par la mise en œuvre d’un audit à blanc, en vue d’obtenir une écolabellisation.

Un plan d’action «numérique responsable» est instauré dans tous les secteurs du MEG.

Les achats réalisés directement par le MEG hors marchés publics répondent à des critères écoresponsables selon le cycle des 5R : réutiliser, réparer, recycler, réduire, renoncer.

Dans le cadre du choix du ou de la scénographe pour les expositions, le critère d’évaluation concernant l’aspect écoresponsable est pondéré à hauteur de 20%. Les matériaux sont valorisés dans le cadre de l’économie sociale et solidaire : éléments confectionnés par des associations, des écoles, dons à d’autres organisations, collaboration avec l’association Matériuum, etc. L’économie circulaire est appliquée dans divers domaines par exemple en travaillant avec des prestataires et/ou fournisseurs écoresponsables, en développant le partage, le prêt, la location, l’allongement de la durée d’usage, le recyclage et la valorisation du matériel et des matériaux.

PILIER 4
L’engagement sociétal du MEG

Les objectifs

Le pilier sociétal est le champ de la RSO qui aborde l’ancrage du MEG dans son territoire, ainsi que ses relations avec ses parties prenantes (publics, partenaires culturels, prestataires, fournisseurs et fournisseuses, artistes, politiques, mécènes, sponsors, autres structures culturelles, associations, organisations issues d’autres secteurs d’activité).

Pour préciser les rôles et responsabilités du MEG et de ses parties prenantes dans le cadre de la programmation culturelle, le Musée a défini et publié une Politique de programmation culturelle, dans laquelle il définit les modalités de collaboration souhaitées, notamment la participation équitable aux processus de décision. Il est à noter que cette politique a été construite dans une démarche de co-construction qui associait des parties prenantes.

Par ailleurs, le MEG se propose de renforcer et formaliser son rôle de lieu contribuant au bien-être et au mieux-être des publics, qu’ils soient bien portants ou non, en développant des actions destinées aux bénéficiaires de structures hospitalières.

Le Musée participe activement à une critique décoloniale des institutions culturelles suisses. L’approche décoloniale du MEG consiste à le positionner au cœur d’un réseau de partenaires effectuant des recherches en collaboration avec les porteurs et porteuses de cultures concernés. Cette approche encourage la revitalisation de pratiques culturelles au sein des sociétés par le biais de projets artistiques et éducatifs réalisés en co-construction.

Actions réalisées

L'institution promeut le développement durable auprès du public (sensibilisation tout public par le biais des thématiques des activités et des expositions) et en particulier auprès des jeunes générations (futurs et jeunes parents, écoles primaires et secondaires).

Le MEG examine la provenance de ses collections en abordant plus précisément l’histoire des collections dites «sensibles» qui démontrent l’asymétrie des échanges entre les anciens collecteurs et les producteurs et productrices des biens conservés au Musée.

Le MEG entend ouvrir plus largement les réserves et les archives aux  communautés d’origine afin d’ancrer dans ses pratiques la notion de bientraitance des objets et de promouvoir une gestion et une mise en valeur partagées des collections.

Le MEG s’engage activement dans le domaine du bien-être au Musée. Il collabore avec le milieu hospitalier sur les bienfaits de la culture et le rôle des arts dans l'amélioration de la santé. Le Musée et le service de cardiologie des HUG ont ainsi mis en place un projet pilote qui intègre des visites des expositions du Musée ainsi que des ateliers dans le programme de réhabilitation de personnes ayant subi un accident cardio-vasculaire.